Les critiques de mes meilleurs albums BD, racontées par l'image
Aujourd'hui, rien qu'un billet superficiel et léger, déclamé avec le ton d'un archiviste !
Copyright est un fanzine de bandes dessinées paru à Genève entre 1972 et 1975. Trois ou quatre numéros ont été publiés à ma connaissance, et cette revue n’est pas recensée dans le BDM.
Le numéro 3-4, qui date de 1973, est sorti à 300 exemplaires. C’est un bulletin de format A4, d’environ 60 pages, imprimé sur du mauvais papier et agrafé de façon approximative. Les deux tiers sont consacrés à des interviews de Franquin, Derib et Peyo alors que les 20 pages restantes contiennent des commentaires sur les albums et les revues de l'époque.
Quel intérêt me direz-vous ? Eh bien, il n’y en a qu’un seul : c’est Franquin. Le journal contient une interview, bien sûr, ainsi que des dessins spécialement réalisés pour l’occasion.
Cet immense dessinateur était toujours d’une très grande gentillesse avec ses admirateurs. Selon l’éditorial, les illustrations publiées par le fanzine étaient inédites, mais la plupart de ces dessins vous sont néanmoins connus, car ils ont été publiés dans l’album Cauchemarrant.
Attardons-nous sur la couverture, dont l'image a été souvent reprise.
A cette époque, Franquin était en pleine forme, et il s'amusait à créer ces monstres. Il aurait pu en rester là, mais après avoir reçu un échantillon de la couverture, il décide d’en rajouter une couche. Il envoie donc à la rédaction de Copyright une lettre qui prend un ton indigné. Selon ses propres termes, « l’usage perfide » de cette image incite à croire que « les dessinateurs sont des monstres jumeaux, avec les mêmes deux grandes dents, le nez humide dans la même grosse tête de minus ». Je vous conseille de lire cette missive qui est le document le plus intéressant de cette page (l'image est bien sûr "clickable").
Franquin envoie deux autres dessins avec sa lettre à Copyright. Ce sont des portraits de Will et de Tillieux, destinés à « prouver que nous avons tous notre personnalité ».
Voici donc Will, le "délicat conteur de Tif et Tondu".
Et voilà Tillieux, avec un "instantané pris alors qu'il vient de faire un de ces calembours dont il a le secret"
Le fanzine contient deux autres pages de dessins qui n’étaient probablement pas tous inédits à l’époque. Franquin y glisse quelques allusions sympathiques à la rédaction de Copyright.
L'intérêt de cette lettre et de ces dessins, c'est qu'ils nous rappellent à quel point Franquin pouvait être serviable et sympathique. Combien de dessinateurs célèbres enverraient aujourd'hui de nouvelles images inédites à un petit fanzine peu connu, simplement pour le plaisir de prolonger un gag ?
Bien sûr, ces dessins ne sont plus inédits depuis longtemps, mais j’ai pensé que certains d’entre vous seraient intéressés par les secrets de leur conception.
Voilà ! Fin de ce billet consacré à la plus déplorable des "collectionites". Dans quelques jours, il y aura une vraie chronique et je vous promets que ce sera plus lourd !